Le 18 juin dernier, les étudiant·es en cinquième année de DNSEP ont soutenu leur projet de diplôme, élaboré lors de ces deux années de master. Chaque projet a fait l’objet d’une installation spatiale réfléchie et soignée, dans les différents espaces de l’école mais aussi hors les murs. Le jury a souligné le parti-pris des soutenances, dont certaines performées, faisant appel à des invité·es extérieurs.

Le jury était composé de Gilles Acezat graphiste indépendant (burodesformes) et enseignant à l’ESADHaR du Havre, Fumika Sato, artiste plasticienne et membre de l’Atelier Vis-à-Vis à Marseille, Ivan Murit, artiste et designer numérique basé à Paris et Asli Torcu artiste et enseignante à l’ESÄ de Dunkerque-Tourcoing.
Un grand bravo à nos 6 diplômé·es qui ont tous·tes obtenu leur DNSEP, dont 3 avec les Félicitations du jury.
Avec Zineb Ammar · Ambre Delanef · Valentin Lemaire · Jeanne Messiaen · Robyn Powderly · Anaïs Welter

Zineb Ammar :: risolab 2.26
Tout doit aller très vite et tout doit être fait en un temps record : il ne faut pas traîner et pour y arriver, on vous conseillera fortement d’utiliser l’intelligence artificielle (IA). risolab 0.26 questionne la manière dont on façonne un outil aujourd’hui, sans IA, avec une démarche libriste (le code source est accessible en ligne et est modifiable) et une dimension collective. C’est d’ailleurs un dispositif solidaire et engagé dès sa conception : il s’appuie sur des échanges collaboratifs et conviviaux (tutoriels, forums, entretiens, jeux,…) tous documentés et exposés tel un réseau décentralisé sur une grande carte murale.
Fait main, risolab 0.26 permet de séparer les couleurs d’une image, de les tramer et ainsi d’expérimenter des formes graphiques en opposition avec les images lisses générées par des algorithmes. Cette première version de l’outil est destinée aux designer·euses qui souhaitent s’émanciper, de manière non-dogmatique et joyeuse, de la standardisation des interfaces de productions graphiques et d’imaginer ensemble, des modes de résistance face aux GAFAM (grands groupes numériques américains).
Diplômée avec les félicitations du jury.

Messiaen Jeanne :: Dessine ta cours
Ce projet est mené avec les élèves de 6e du collège Collège Pierre et Marie Curie de Gravelines (59). Il explore comment le design graphique permet de redéfinir des espaces collectifs. À travers la création d’outils participatifs : jeux de cartes, pochoirs, matrices et dispositifs de réflexion, j’accompagne les élèves à imaginer des jeux à partir de formes graphiques directement intégrées au sol de leur cour de récréation.
En plaçant les usages et les besoins des collègien·nes au cœur du processus de conception, Dessine ta cour cherche à redynamiser les espaces communs, favoriser les interactions entre les différents groupes d’élèves et les encourager dans des pratiques plus inclusives.
Diplômée avec les félicitations du jury.

Anaïs Welter :: La cantine Saint-Roch
Dans le cadre de ce projet, je m’inscris dans une démarche de terrain en allant chaque jeudi au sein de la cantine solidaire du quartier Saint-Roch (située à côté de l’Ésac). Cet engagement régulier me permet de participer aux temps de cuisine avec les bénévoles, où le faire ensemble occupe une place centrale. La cuisine devient alors un espace de partage, d’apprentissage, de collaboration et de lien social.
Au fil des mois, j’ai constaté que je pouvais, en tant que graphiste, répondre à des besoins : réfléchir à une identité graphique claire avec une signalétique adaptée au lieu et la nécessité de mieux communiquer autour des activités de la cantine. À travers la création de supports de communication et d’un langage visuel situé, mon projet se construit à partir de l’observation, de l’écoute et de l’expérimentation dans le but de développer une réponse attentive aux usages et aux personnes qui font vivre cet espace.

Robyn Powderly :: Online/Offline
Cette installation-performée prend la forme d’une pièce translucide évoquant un espace entre chambre et bureau, à la fois lieu de travail et d’intimité. Le public, contraint de rester à l’extérieur de la structure, peut soit observer à travers le tulle, soit se concentrer sur les images qui se déploient sur ses parois et débordent au-delà de celles-ci. Une lecture type voix-off de messages entre deux individus expose un récit en anglais (la traduction en français se présente sous la forme d’une édition). La prise de contact avec la performeuse, par le biais d’un chat, demeure indirecte, filtrée et potentiellement sans réponse.
Online/Offline propose une initiation au genre musical à travers une série de visuels réalisés pour une sélection d’artistes issu·es de la scène Hyperpop (née au début des années 2010 dans les sphères underground de la culture internet, l’Hyperpop amplifie les codes de la pop traditionnelle et y mêle un électro-maximalisme exubérant). Nourries de matériaux glanés en ligne, générés avec du code informatique, ces images investissent/explorent des thématiques : le commercial, le numérique et la nostalgie. Ce projet s’inscrit dans une réflexion sur la médiation de soi à travers les écrans. Il porte sur la condition de production d’images en réactivant un schéma bien connu dans l’Hyperpop : celui de la chambre comme lieu de création et de diffusion.

Valentin Lemaire :: Le bal du print
Depuis mon DNA (Licence 3), je m’intéresse aux liens existants entre le design graphique et le populaire, celui qui s’affiche dans les rues, qu’on voit sur nos écrans ou chez nous. C’est aujourd’hui au travers d’une sélection d’affiches et d’ephemera issus de la collection de l’école que je propose une idée visuelle de ce « populaire » par essence même insaisissable et mouvant. Le bal du print est à la fois une déclinaison, une danse de silhouettes et de lettres, une valse d’imprimés qui offre un regard décalé et joyeux sur des échantillons choisis de cette collection.

Ambre Delanef :: Fragments
Ce projet est né de rencontres avec des personnes possédant des objets familiaux, notamment des femmes du quartier Saint-Roch à Cambrai qui ont toutes répondu présentes et qui ont partagé les récits liés à leurs objets lors de temps de discussion individuels puis collectifs.
Au fil de ces échanges, cinq d’entre elles m’ont confié leurs objets le temps de ce projet. Trois de ces objets ont ensuite donné lieu à une installation murale.
Fragments invite à découvrir des éditions et documents qui retracent le parcours de toutes ces rencontres mais aussi les récits d’un agenda (Marie-Ange), d’une matriochka (Marie) et d’un mortier à épices de Kabylie (Carine). En soulevant ou en retirant les textes, des images produites à partir de ces objets apparaissent peu à peu.
En amont du temps d’exposition, chacune des trois participantes a été invitée à venir activer l’installation. Elles ont pu retirer et emporter avec elles les éléments de leur choix dans une boîte. Ce qui subsiste au mur témoigne de leur passage.
Diplômée avec les félicitations du jury.

































